Association Réunionnaise de Gironde

Frékans Métis

Identifiez-vous
Pseudo :
Mot de Passe :
mot de passe oublié ?
Les Desbassayns

Née Ombline Gonneau, Marie-anne Desbassayns, mieux connue sous le nom de Madame Desbassayns, vécut dans la deuxième partie du 18ème siècle à Saint Paul.

Sa mère mourut en la mettant au monde, et elle hérita donc de la grande propriété familiale.
Elle se maria en 1770 à l'âge de 15 ans avec Paulin-Henrin Panon, surnommé Desbassayns, car toutes ses terres étaient situées sur le littoral de Saint-Gilles, où les bassins sont en grand nombre.
Le couple fit construire trois propriétés : une à St Gilles les hauts, une à Saint-Paul et une dernière au Bernica (les hauts de Saint Paul). Ils lancèrent à La Réunion la bien triste culture du coton avec plus de 400 esclaves.

Monsieur Desbassayns fut le plus souvent en France pour des obligations familiales, et aussi lors de la Révolution de 1789 où il fut contraint de rester. C'est donc Madame Desbassayns qui faisait tourner les exploitations. Elle commandait d'une main de fer ! Dans les hauts de St Paul, à l'endroit nommé La Glacière, elle avait fait creuser de grands puits pour y conserver des blocs de glace amenés par les esclaves depuis la Grande Ravine. Les esclaves, ensuite ,cassaient la glace en morceaux, puis les transportaient jusqu'à la Rivières des Pluies pour le fils de Madame Desbassayns.

Le trajet était une horreur : les esclaves se blessaient, glissaient, cassaient la glace qui fondait également s'ils n'allaient pas assez vite. Ils étaient donc fouettés par le chabouc, et si certains osaient se révolter, alors Madame Desbassayns donnait l'ordre de les enterrer vivant! Mais ce n'était pas fini, une fois arrivé à la propriété de son fils, les esclaves qui selon elle n'avaient pas travaillé assez vite étaient enfermés dans un cachot si étroit qu'ils restaient tous debout, ne pouvant s'assoir ou s'allonger, en étant même enchainés.
Le plus horrible est sans doute l'histoire d'une des anciennes cases de Madame Desbassayns qui s'écroula en 1910. Les gens constatèrent avec horreur que les murs étaient rouges, rouge du sang des esclaves qui avait servi de liant pour le mortier.

Le quotidien des esclaves de Madame Desbassayns était bel et bien tragique. Elle ne les nourrissait pas, leur coupait une main lorsqu'ils tentaient de voler quelque chose à manger, et un pied lorsqu'ils tentaient de s'enfuir.

La légende de Madame Desbassayns veut que son âme soit condamné à être fouettée sans fin par le diable lui-même dans le cratère du volcan. En effet, lorsqu'elle mourut en 1846, deux ans avant la fin de l'esclavage, son corps fut enterré au cimetière de St Paul, mais plus tard fut emmené à la Chapelle Pointue, un lieu béni. Dieu alors se mit dans une colère noire, et un violent orage s'abattit sur l'endroit, la nuit même. Un éclair aurait traversé la chapelle, fracassé la pierre tombale et emmené le corps de Madame Desbassayns et son âme au fond du volcan de la fournaise ou le diable l'attendait.
Depuis, il ne cesse de la fouetter en lui criant : "Chauffe Madame Desbassayns, chauffe..."




logo SiteGo